Sans la rivière à la fin

On aimerait tous vivre une vie trépidante, faite de mille sollicitations et de réussites. Pour ma part, j’aimerais savoir écrire des romans palpitants, des récits haletants, exprimer tant de choses.

Il paraît que Virginia Woolf faisait une dépression de six mois après chaque roman. J’aimerais savoir écrire comme elle, le faire, mais sans les petits cailloux et la rivière à la fin.

Maison de campagne (2)

Au fait, je suis toujours dans ma maison de campagne, mais tant de choses ont changé. Certains sont partis – beaucoup -, d’autres s’apprêtent à quitter ce havre de paix/prison, quand plein de nouveaux montrent le bout de leur nez et de leurs traumas.

Je suis toujours dans ma maison de campagne et pour un moment encore. Mal en patience ou profiter ? Je ne saurais dire. Les deux, mon capitaine.

Et puis, j’attends et j’espère. Pour tant de choses dont je ne parviens pas encore à en tirer des mots à l’écrit. Peur que ça porte mauvaise fortune. Peur de le perdre. Il me rend si heureuse.

The river(side)

Billet d’humeur musicale. Down by the river(side). Neil Young and his axe, Agnes Obel and her piano.

La musique a toujours tenu une place étrange dans ma vie, tantôt rassurante, tantôt me tirant vers le bas. Elle est l’état d’âme en brut, non policé, non poli, impolie même. Et j’adore ça.

Neil Young. Neuf minutes de création, neuf minutes de pur plaisir, peut-être rien que pour faire chier les producteurs ? J’adore.

Conso

Consommer pour exister ? Lorsque je ne sais plus quoi faire d’autre. Lorsque mes projets me semblent insurmontables, idéalistes, irréalistes. Lorsque je n’ai plus de projets et ne suis que sensations.

Ci-dessous, un documentaire du cinéaste Patric Jean, qui avait déjà commis le très édifiant La domination masculine, et qui s’est immiscé cette fois dans la vie d’un centre commercial.

Consommer pour vivre ? Comment être autrement ?

Taro et tarot

Parce que les deux m’importent tout autant.

Taro, la femme, et tarot, le jeu du hasard, le tirage des cartes. Deux plaisirs douloureux de la vie : écouter ce titre de Alt-J dédiée à Gerda Taro, photographe de guerre et compagne de Robert Capa, assassinée lors d’un reportage durant la guerre d’Espagne, en 1937. Si vous voulez lui faire un petit coucou, elle est au cimetière du Père-Lachaise.

Merci à Yanou, celle, si importante à mes yeux, qui m’a appris à écouter les paroles de chansons dont j’étais déjà amoureuse de la mélodie. Depuis, je ne m’en lasse plus.

La bonne blague étant quand même que le triangle, symbole du groupe Alt-J, n’apparaît pas sur les claviers français.

Pour l’autre tarot, je m’y connais si peu et vous laisse dans les mains expertes et pensées farfelues d’Alejandro Jodorowsky. Tenter d’appréhender l’avenir. ◊

Maison de campagne

Ma maison de campagne est comme n’importe quelle autre : un lieu à part, bucolique, un peu désuet, où l’on vient pour se reposer. Ma maison de campagne est suffisamment proche pour ne pas faire mille kilomètres de trajet, tout en étant assez éloignée pour sentir l’oppression de la ville nous quitter.

Ma maison de campagne s’appelle aussi « maison de repos », dans le jardin d’ici. Cette maison, nous la partageons, une centaine d’autres pensionnaires et moi. Ils s’appellent Rudi, Sylvie, Isabelle, Philippe et j’en passe. Certains sont là à l’année, quand d’autres ne font que passer.

Ma maison de campagne est une clinique pour dépressifs.

Fatigue

Je fatigue vite, très vite. A tel point que m’exprimer m’est difficile, via n’importe lequel des supports qui sont à ma disposition, mais plus particulièrement l’écrit. Je fatigue si vite que j’ai du mal à penser ma fatigue. A la voir, la ressentir, l’appréhender, la remarquer s’approcher, cette bête sauvage, puissante, probablement majestueuse mais surtout implacable.

Ma fatigue et moi ne nous sommes pas encore apprivoisées. Je la laisse approcher pour mieux la contempler. Et parce que je n’ai pas le choix : elle est si puissante.