Conso

Consommer pour exister ? Lorsque je ne sais plus quoi faire d’autre. Lorsque mes projets me semblent insurmontables, idéalistes, irréalistes. Lorsque je n’ai plus de projets et ne suis que sensations.

Ci-dessous, un documentaire du cinéaste Patric Jean, qui avait déjà commis le très édifiant La domination masculine, et qui s’est immiscé cette fois dans la vie d’un centre commercial.

Consommer pour vivre ? Comment être autrement ?

Taro et tarot

Parce que les deux m’importent tout autant.

Taro, la femme, et tarot, le jeu du hasard, le tirage des cartes. Deux plaisirs douloureux de la vie : écouter ce titre de Alt-J dédiée à Gerda Taro, photographe de guerre et compagne de Robert Capa, assassinée lors d’un reportage durant la guerre d’Espagne, en 1937. Si vous voulez lui faire un petit coucou, elle est au cimetière du Père-Lachaise.

Merci à Yanou, celle, si importante à mes yeux, qui m’a appris à écouter les paroles de chansons dont j’étais déjà amoureuse de la mélodie. Depuis, je ne m’en lasse plus.

La bonne blague étant quand même que le triangle, symbole du groupe Alt-J, n’apparaît pas sur les claviers français.

Pour l’autre tarot, je m’y connais si peu et vous laisse dans les mains expertes et pensées farfelues d’Alejandro Jodorowsky. Tenter d’appréhender l’avenir. ◊

Maison de campagne

Ma maison de campagne est comme n’importe quelle autre : un lieu à part, bucolique, un peu désuet, où l’on vient pour se reposer. Ma maison de campagne est suffisamment proche pour ne pas faire mille kilomètres de trajet, tout en étant assez éloignée pour sentir l’oppression de la ville nous quitter.

Ma maison de campagne s’appelle aussi « maison de repos », dans le jardin d’ici. Cette maison, nous la partageons, une centaine d’autres pensionnaires et moi. Ils s’appellent Rudi, Sylvie, Isabelle, Philippe et j’en passe. Certains sont là à l’année, quand d’autres ne font que passer.

Ma maison de campagne est une clinique pour dépressifs.

Fatigue

Je fatigue vite, très vite. A tel point que m’exprimer m’est difficile, via n’importe lequel des supports qui sont à ma disposition, mais plus particulièrement l’écrit. Je fatigue si vite que j’ai du mal à penser ma fatigue. A la voir, la ressentir, l’appréhender, la remarquer s’approcher, cette bête sauvage, puissante, probablement majestueuse mais surtout implacable.

Ma fatigue et moi ne nous sommes pas encore apprivoisées. Je la laisse approcher pour mieux la contempler. Et parce que je n’ai pas le choix : elle est si puissante.

Les mots

Je n’en peux plus des mots. J’aimerais pouvoir vous dire en couleurs, vous faire ressentir en chaud/froid, vous faire vibrer en émotions et en sons. J’aimerais vous parler en vibrations.

Il faut réinventer le langage. Il ment, il omet, il transgresse et viole la pensée. Il faut réinventer le langage, car je tâtonne dans le couloir obscur des locutions.

Les mots nous mentent. Ils ne traduisent rien de ce qui est en dedans.